Pour René Loureau Le journal est le hors-texte de tous les textes possibles, antérieurs, présents et postérieurs, y compris des textes qu’il empêche de
voir le jour. Ecriture à gros risques et d’abord celui de ne pas « tenir ». Tenir le journal, comme on dit, c’est aussi « tenir le coup », supporter la vie telle qu'elle
est.
Par mon écriture j'essaye de soutenir, coûte que coûte, les sans voix ; j'écris le singulier, le particulier, les exclus, les étrangers, les sans
droits, les sans papiers, les faibles, bref, tous ceux qui ne pouvaient même plus dire non !
Eugène Guillevic résume bien: "la misère, c'est quand on dit : je ne sais plus, je ne peux plus, je ne veux plus"
C’est osé Si je vide mon esprit à ceux qui veulent que je cesse d’écrire, que je cesse de lire, que je cesse de rire, mes pensées dérivent au gré des vents qui balayent ce monde d’est en ouest. ...
:
Le peintre ne peint pas sur une toile vierge, ni l’écrivain n’écrit sur une page blanche, mais la page ou la toile sont déjà tellement couvertes de clichés préexistants, préétablis qu’il faut d’abord effacer, nettoyer, laminer!